J'ai récemment eu la chance d'assister à l'événement "Boire une vache avec..." organisé par une marque bobo et désormais bien connue de l'industrie agro-alimentaire (le terme "bobo" n'est pas ici péjoratif, mais me paraît bien témoigner du côté décalé-qui-coûte-cher-et-donc-pas-accessible-à-tous des produits de la marque). L'invité n'était pas Nicolas Sarkozy ou Fleur Pellerin (qui le furent récemment... Moi non plus je ne comprends pas le propos), mais Philippe Conticini, pâtissier renommé dont j'ai déjà parlé ici (en même temps, il n'a pas besoin de moi). J'arrête les parenthèses.

J'ai beaucoup apprécié le moment et pas seulement parce que j'ai pu y déguster du praliné maison dont la seule odeur me mettait en transe. Philippe Conticini a tenu des propos qui m'ont beaucoup parlé en tant qu'amatrice de cuisine en général et de pâtisserie en particulier : selon lui, il est essentiel de mettre de soi dans sa cuisine. Oubliez donc les recettes et écoutez-vous, c'est ainsi que vos desserts transmettront une émotion paticulière à ceux qui auront la chance de les déguster. Evidemment, il convient de prendre ce conseil pour ce qu'il est : si vous débutez en pâtisserie, il serait probablement imprudent de ne suivre aucune recette ; mais il importe de se faire confiance et surtout d'écouter vos envies et vos propres émotions.

Je suis sortie des bureaux de la marque-se-voulant-trublionne en me disant que, la prochaine fois que je préparerai un plat ou un dessert, je suivrai ces conseils. Ce que j'ai fait récemment, avec plus ou moins de succès : le résultat était toujours plus que mangeable, même bon, mais pas toujours conforme à mes attentes. La recette ci-dessous fut tout à fait à la hauteur de mes espérances, probablement parce que j'y ai mis tout l'amour que j'avais en stock à ce moment-là, à savoir l'anniversaire de ma maman. Le cahier des charges que je m'étais fixé était relativement simple : le dessert devait contenir du chocolat, du croustillant, un élément régressif et un petit quelque chose chatouillant les papilles. C'est ainsi que mon brownie aux noisettes caramélisées à la fleur du sel est né (je me suis inspirée du procédé de Trish Deseine pour ses "meilleurs brownies"). Il est parfait, fondant et moelleux à souhait, la maman va bien et la grand-mère est ravie et repue, merci pour elle.

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Brownie aux noisettes caramélisées à la fleur de sel (version imprimable : brownies_noisettes_caramelisees).

  • 1/3 de tasse de sucre blond de canne ;
  • 1 tasse de noisettes décortiquées ;
  • 1 cuillère à café rase de fleur de sel ;
  • 2 cuillères à soupe d'eau ;
  • 150 g + une noix de beurre doux ;
  • 200 g de chocolat noir à 60 % de cacao minimum ;
  • 3 œufs ;
  • 280 g de sucre ;
  • 130 g de farine.

Préchauffez votre four à 180°C. Beurrez un moule carré de 22 cm de côté.

Concassez grossièrement les noisettes. Tapissez une plaque allant au four de papier sulfurisé, déposez-y les noisettes et faites les torréfier quelques minutes sous le grill du four. Dans une casserole, préparez le caramel avec le sucre, l'eau et une noix de beurre : laissez le sucre fondre et prendre une jolie teinte ambrée sur feu doux, sans remuer à la cuillère. Lorsque le sucre est caramélisé, ôtez-le du feu, ajoutez-y les noisettes et la fleur de sel et mélangez. Laissez tiédir.

Faites fondre le chocolat et le beurre au bain-marie, puis laissez refroidir quelques minutes. Battez les œufs dans un bol, puis ajoutez-les à l'appareil chocolaté. Mélangez délicatement, puis incorporez le sucre et la farine. Enfin, ajoutez les noisettes caramélisées. Si ces dernières ont trop refroidi et sont collées entre elles, faites à nouveau légèrement fondre le caramel sur feu très doux pour les décoller.

Versez l'appareil dans le moule préparé et enfournez pour 35 à 40 minutes (si votre moule est plus grand que préconisé, réduisez le temps de cuisson), jusqu'à ce que la pointe d'un couteau insérée au centre du gâteau en ressorte avec de petites miettes moelleuses accrochées. Laissez refroidir. Je sais, c'est dur, mais non, c'est inutile de pleurer. Oui, la frustration fait partie de la vie, mais tu vas pouvoir en manger, il faut juste patienter, cela n'en sera que plus délicieux après (MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CES CONNERIES, DONNEZ-MOI DU BROWNIIIIIIIIIIIIIIE !!!). Dégustez. Oui, avec classe et dignité. Je sais que tu peux le faire.

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