100_9322Depuis le mois d'octobre dernier, je trépignais d'impatience à l'idée d'aller voir le Champi à Berlin. Avoir sa grande pote qui passe un an d'Erasmus dans la capitale allemande donne forcément des envies de weekend délirant. Et pourtant, j'ai attendu le mois de juin. Le travail, les études, tout ça prend du temps mine de rien et je ne pouvais me résigner à n'y passer qu'un tout petit weekend de deux jours, d'autant plus que, partant de Bordeaux, le trajet n'était pas des plus courts.

Et puis j'y étais déjà allée dans le cadre d'un voyage de classe mais ça n'a franchement rien à voir avec un long weekend entre copines. Pour moi Berlin c'était, en tout et pour tout, quelques musées, la Brandenburger Tor, Checkpoint Charlie et le Reichstag. Le Berlin undergound et le monde de la Nacht n'étaient étonnamment pas au programme de notre excursion scolaire. Et c'est bien dommage d'ailleurs parce que Berlin n'est pas franchement une belle ville, comme peut l'être Paris par exemple, sans chauvinisme aucun. Certes, c'est une ville chargée d'histoire, récente qui plus est, et il est intéressant d'en voir les traces. Mais ce que j'ai retenu de mon séjour est finalement plus important que l'esthétique d'une ville. Berlin est une capitale où il fait réellement bon vivre. Au contraire de Paris, le Champi le soulignait, les transports en commun ne sont pas bondés et, surtout, ce que tous les Français temporairement expatriés apprécient et mettent en avant, chacun peut y faire ce qui lui plaît. Chacun peut s'habiller comme il l'entend, pas toujours pour le plaisir des yeux des autres mais, justement, l'important est là: à Berlin, les gens ne vous regardent pas. Ce n'est pas qu'ils vous ignorent, c'est juste qu'ils ne vous jugent pas, ils ne vous jaugent pas. Ce n'est pas le cas à Paris si j'en crois les nombreux échos que j'en ai eus. Il y a même des gens qui, casques sur les oreilles, se dandinent sur leur siège dans le métro s'en soucier du regard des autres.


Aller en Allemagne, c'était aussi pour moi l'occasion de manger des spécialités allemandes. Et oui, on ne se refait pas, et puis c'est quand même un blog de cuisine que je tiens, pas un carnet de voyage. Cela dit, goûter à la cuisine locale est pour moi essentiel lorsque je voyage, que ce soit à l'étranger ou en France (d'où l'andouillette normande!). C'est une façon d'appréhender la culture d'un pays ou d'une région. J'aime m'imprégner des traditions culinaires locales parce que je pense que la nourriture d'un peuple en dit long sur sa personnalité. Non qu'un peuple, ici le peuple allemand, ne soit qu'un tout homogène (ein Reich, ein Volk, etc., c'est un poil dépassé quand même), mais un peuple se caractérise quand même par une histoire, une langue, une culture communes; et la cuisine fait partie intégrante de cette culture. C'est pourquoi j'ai décidé de vous parler longuement, et en plusieurs fois,de mon séjour à Berlin, au travers de ce que j'y ai goûté, mais aussi au travers de ce que j'y ai cuisiné, même si ça n'était pas forcément typiquement allemand. Oui parce que, c'est bien triste, mais rien n'est plus gratuit dans ce bas monde: j'étais hébergée gratuitement chez mon Champi mais la moindre des choses était que je lui cuisine des petites choses.

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A la Berliner Mauer East Side Gallery ou International Memorial for Freedom...

Au dire du Champi, Berlin est la deuxième capitale de la Turquie. Du coup, je ne pouvais pas faire autrement que me pencher sur la cuisine turque de là-bas. Une de nos premières activités fut d'ailleurs de nous rendre au marché turc. Comme nous étions un peu décalées (nous avions petit-déjeuné vers 12h de quelques Brötchen, je vous en reparlerai), nous arrivâmes au marché pile à l'heure où nos estomacs commencèrent à crier famine, à l'heure du goûter en fait. Nous fîmes d'abord le tour du marché: comment exprimer mon extase devant tant de fruits et légumes si bon marché?! D'ailleurs, les bas prix sont une caractéristique de l'Allemagne, du moins de Berlin: il est possible de se restaurer pour vraiment peu cher. Le Champi a d'ailleurs énormément mangé ailleurs que chez elle pendant son année d'Erasmus, non par flemme de se faire à manger (quoi que...) mais parce que cela aurait été dommage de se priver vu l'attractivité des prix. Bref, nous y dégustâmes un délicieux gözleme mit Spinach und Käse (aux épinards et au fromage pour les non-germanistes), sorte de crêpe fourrée bien roborative.

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Quand nous allâmes au Mauer Park un autre jour, je vous parlerai dans un prochain post, je fus ravie de pouvoir assister à la fabrication de ces gözleme en direct. Cela n'a pas l'air très difficile à faire et si un jour je trouve une recette qui me semble bonne, je partagerai volontiers.

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Mais le gözleme n'est rien à côté du délicieux kebab turc que j'ai eu la chance de déguster à Berlin. Je vous vois déjà esquisser un rictus de dégoût: effectivement, en France, il faut se lever tôt si on veut trouver un bon kebab. Mais en Allemagne, à Berlin en tout cas, c'est différent. D'ailleurs, Champi m'a dit que nombreuses étaient les personnes à refuser de manger à nouveau un kebab en France après qu'elles aient goûté au kebab germano-turc.

Le kebab de Mustafa est une véritable institution à Berlin. On y mange, selon les rumeurs, le meilleur kebab de la ville. Et c'est peu dire que, pourtant, lorsque vous cherchez un kebab, vous avez l'embarras du choix. La petite baraque du Mustafas Gemüse Kebab, située dans la quartier de Kreuzberg, ne paie a priori pas de mine mais on y fait pourtant la queue à toute heure de la journée. Pour preuve, encore une fois décalées, nous y arrivâmes vers 16h et nous n'y fûmes pas seules. Qu'a-t-il d'exceptionnel ce kebab me direz-vous. Et bien, à rebours du sempiternel "salade, tomates, oignons", le kebab de Mustafa porte bien son nom: il contient des Gemüse (des légumes). Et ça change tout! Les oignons et les courgettes y sont fondants, la viande est parfumée et, cerise sur le gâteau, la présence de la feta rafraîchit le tout. Assaisonné avec la petite sauce piquante équilibrée par un peu de sauce blanche, ce kebab m'a vraiment beaucoup plu.

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Si j'avais pu rester plus longtemps à Berlin, j'aurais sans doute succombé face aux très belles pâtisseries turques (un baklava, huuuum...) qui foisonnent à Berlin. Mais je n'avais que peu de temps et qu'un estomac, et peut-être aussi une ligne imaginaire à préserver. Qu'à cela ne tienne: j'ai une recette de baklava généreusement donnée par une amie Chypriote et je sens que je ne vais plus y résister longtemps (ça fait quand même un an que je l'ai!).

Bon, ce n'est pas le tout de vous faire languir en vous racontant ce que j'ai mangé et en vous montrant de jolies photos, il faut bien que je vous livre une recette. A première vue, vous allez vous dire que cette recette n'a rien à voir avec la thématique de ce billet, à savoir, l'Allemagne et l'influence turque culinairement parlant, mais en réalité c'est tout à fait lié. Oui, mes muffins à la myrtille ont cela de turc que les myrtilles qu'ils contiennent furent achetées sur le marché dont je vous ai parlé plus haut. Face à ces petites baies que j'aime beaucoup, ainsi que le Champi sinon ça n'aurait servi à rien, je me suis demandé ce que je pourrais bien cuisiner avec. J'ai d'abord pensé à faire un cheesecake aux myrtilles, mais le Champi n'est, a priori (vous verrez que je l'ai finalement fait changé d'avis, pour ma plus grande fierté), pas fan de cheesecake. Et puis je me suis dit que je n'avais pas emmené pour rien dans ma valise déjà surchargée (un seul bagage à main et aucun bagage en soute oblige) mes petits moules en silicone. C'est que je savais que j'allais être appelée aux fourneaux au moins une fois pendant le weekend alors autant être bien équipée! J'ai donc décidé, avec l'approbation du Champi, de faire des muffins aux myrtilles.

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Ces muffins ont fait, me semble-t-il, l'unanimité. Ils étaient moelleux, pas trop sucrés, ce qui a particulièrement plu à mon hôtesse, et légèrement croquant sur le dessus grâce au streusel. Un seul petit bémol: j'aurais pu y mettre plus de myrtilles. Quoi qu'il en soit, j'ai suivi une recette que j'ai trouvé ici. Alors merci Ana, et merci Bob.

Je dédicace cette recette à U' parce qu'on a fort pensé à elle pendant ce weekend!

Muffins aux myrtilles.

Pour 6 petits muffins:

Pour le streusel:

  • 1,5 cuillère à café de beurre ramolli;
  • Une grosse demi cuillère à soupe de farine;
  • 1,5 cuillère à soupe de cassonade;
  • Une pincée de cannelle.

Ingrédients secs:

  • 105g de farine blanche (je ne vous raconte pas comment peser ça sans balance et sans verre doseur indiquant les grammes...);
  • Une cuillère à café de levure chimique;
  • 50g de sucre;

Ingrédients liquides:

  • 88ml de crème fraîche épaisse;
  • 21ml d'huile de tournesol;
  • Un oeuf;
  • Une demi cuillère à café de sucre vanillé;
  • 24 myrtilles (j'en ai mis quatre par muffins, mais n'hésitez pas en mettre plus!).

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Préchauffer le four à 200°C.

Préparez la garniture streusel en mélangeant tous les ingrédients à la main ou à la fourchette. Je vous recommande de le faire à la main et de ne pas chercher à faire une pâte trop lisse: plus il y aura de petits grumeaux, plus le streusel sera croustillant.

Mélangez tous les ingrédients secs ensemble dans un saladier. Faites de même avec les ingrédients liquides, hormis les myrtilles, dans un autre saladier.

Mélangez les deux préparations sans trop travailler pour ne pas obtenir une pâte trop homogène, sinon vos muffins risquent d'être secs et plats. Et ce serait dommage. S'il reste des grumeaux ce n'est pas grave, c'est même tant mieux.

Remplissez les moules aux deux tiers (pas plus sinon ils risquent de déborder pendant la cuisson) et enfoncez les myrtilles dans la pâte. Garnissez de streusel: ne cherchez pas à l'étaler uniformément sur les muffins, c'est peine perdue. Contentez-vous de déposer un petit tas sur la pâte, le streusel s'étalera à la cuisson.

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Faites cuire les muffins 15 à 20 minutes jusqu'à ce qu'ils soient bien gonflés. Un pic en bois piqué dans un muffin doit en ressortir sec.

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Vite, mangez-les avant qu'il n'y en ait plus!!

A suivre.../Fortsetzung folgt...