100_8933

La fête des mères a beau être une fête pétainiste et la devise "Travail, famille, patrie" largement désuète (pas pour tout le monde malheureusement), fêter les mamans ne peut pas faire de mal. On peut estimer qu'il ne devrait pas y avoir une journée par an où l'on fête les mamans, comme il ne devrait pas y avoir qu'une journée par an pour fêter l'amour. Et cela pour de nombreuses raisons: cela rend ces journées commerciales, niaises, et ce serait un prétexte pour être in-attentionnés le reste du temps.

Alors de deux choses l'une: oui, lorsque les médias, les boutiques, les publicités et que sais-je encore s'emparent d'un sujet quelconque un tant soit peu lié à l'amour cela devient niais; mais libre à chacun de manifester ses sentiments sans fioriture et de façon sincère, sans suivre les préceptes de qui que ce soit d'autre que nous-même. Et ces fêtes sont commerciales parce que nous le voulons bien: quelque soit le jour de l'année, l'on peut montrer à l'autre qu'on l'aime sans dépenser un sou. Si lors de ces journées, vous vous sentez obligés de passer à la caisse, c'est bien dommage. Un cadeau devrait avant tout faire plaisir à la personne qui l'offre, c'est la meilleure façon de ne rien attendre au retour et de ne pas avoir l'impression d'avoir cédé à des pressions consuméristes, et puantes.

Et puis, quand bien même ces fêtes sont des prétextes dont on dit ne pas avoir besoin pour montrer à l'autre qu'on l'aime, le quotidien fait que, parfois, de simples preuves d'amour ne sont pas si évidentes à donner. Je me fais souvent la réflexion de ne pas être assez reconnaissante envers ma mère, de ne pas lui montrer assez que je l'aime, et puis je me défausse en me disant que ce n'est pas si facile à 800 bornes de distance et en se voyant un weekend tous les mois, où j'ai tendance à passer plus de temps avec mes copines qu'avec elle.

Ce billet d'aujourd'hui n'excuse rien, il n'efface pas l'ardoise de mes sautes d'humeur, des répliques cinglantes et de ma présence trop rare. C'est juste une petite chose, un petit signe de Bordeaux vers Villeneuve d'Ascq, qui est aussi une promesse de réaliser ce brownie la prochaine fois que je rejoindrai les contrées nordistes.

100_8902 100_8903

Parce que ma maman à moi, elle aime le chocolat, et elle boit du coca. Et quand elle mange quelque chose de bon, elle met son doigt devant sa bouche comme si elle voulait cacher le fait qu'elle se régale, elle écarquille les yeux et elle opine du chef: "Qu'est-ce que c'est bon!". Et le choix du brownie est aussi un clin d'œil à son accent anglais, comment dire... très français? Alors j'espère que la perspective de ce brownie très chocolat compensera un peu mon absence non seulement aujourd'hui mais tous les jours.

J'en arrive à la recette. Je voulais un brownie très chocolaté. J'ai donc fait de nombreuses recherches dans mes livres de cuisine et sur le web mais aucune recette ne correspondait exactement à ce que je voulais, même si je ne manquerai pas d'en essayer quelques unes très appétissantes: celle de Loukoum, de Guillemette, de La Mangue, et j'en passe!

Je ne voulais pas non plus mettre trop de sucre, même si c'est souvent la caractéristique des brownies: il n'y a qu'à voir le recette de Trish Deseine où la quantité de sucre représente pratiquement le double de celle de chocolat! Enfin, j'ai cherché à obtenir un brownie moelleux mais pas sec, un peu fondant, mais surtout pas coulant.

J'ai, ma foi, obtenu un très bon brownie: bien chocolaté (mais il aurait pu l'être encore plus), dense, croustillant (grâce aux noix), et fondant en bouche.

100_8938100_8940 

 

Brownie très chocolat.

Pour Maman (pas une maman, MA maman, mais je vous prête la recette pour la vôtre):

  • 225g de chocolat noir;
  • 5 cuillères à soupe de cacao non sucré;
  • 205g de sucre blond;
  • 125g de beurre;
  • 3 œufs battus;
  • 120g de farine;
  • Une cuillère à café de levure chimique;
  • 75g de noix grossièrement hachées (ou de noisettes, d'amandes, de noix de pécan, etc., j'ai un faible pour les noix de pécan mais je n'en avais pas).

100_8921


Préchauffez votre four à 180°C.

Faites fondre le chocolat au bain marie. Pendant ce temps, coupez le beurre en petits morceaux. Lorsque le chocolat est fondu, incorporez le beurre en mélangeant jusqu'à ce qu'il soit bien fondu. Ajoutez ensuite les œufs et le sucre.

Dans un bol, tamisez ensemble la farine, la levure et le cacao, puis les incorporez à l'appareil précédent. Contrairement à moi qui avais ma sœur au téléphone et qui ai donc oublié d'ajouter les noix avant de verser le mélange dans le plat carré garni de papier sulfurisé, faites-le avant, c'est plus pratique. Sinon, faites comme moi en essayant tant bien que mal d'incorporer les noix une fois le moule plein, vous obtiendrez à peu près ça:

100_8887

Faites cuire 30 minutes. Une fois le brownie cuit, plongez le plat dans un bain d'eau froide afin de stopper la cuisson et d'obtenir une croute encore plus croustillante. Laissez refroidir le brownie et coupez le en carrés pour le servir.

100_8909100_8919

J'en profite pour proposer cette recette pour le concours de gâteau de la fête des mères lancé notamment par Sophie.

Bonne fête Mamounia!